Temp-éré

traces

Train d’enfer

un quai de gare
j’aurais dû m’en douter
j’aurais pas dû y’aller
j’ai failli y rester

deux ans que j’attendais
ce train déjà repart
à trois marches montées quatre j’en descendais
son pas semblait léger le mien s’engourdissait
ce n’était pas son sac qui me pesait le plus
ni la chaleur du soir qui me faisait son ombre

ombre perdue sur le béton il fallait s’en aller
aller la rechercher d’où l’on était parti
rentrer pour retrouver de nouveaux souvenirs pas encore achevés
rentrer sans se tourner
par des voix détournées allonger le chemin
rouler pour retenir les rires évaporés
du retour prolonger le départ

quelqu’une qui laisse un vide c’est un vide à remplir
un vide de trop plein
de brouillards de buées de points en suspension
s’en imprégner l’essence
sans agiter un vent d’oubli
s’en retrouver mouillé plus de deux jours durant
rester dans ces nuages
cirrus d’espoirs indéfinis
creux de ventre orageux tremblant de renaissances

arriver c’est en face, partir c’est dos tourné
on voit surtout partir en restant sur le quai
il va falloir demain
porter en plus ce passé
laisser flotter l’empreinte
l’accrocher aux buissons
l’étaler dans l’allée des doutes apaisés
l’écouter ruisseler vers d’autres pages vierges

arriver c’est finir
partir c’est commencer
immobile
être
et rêver encore un instant

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