Temp-éré

traces

je

Donc « je est un autre » ; d’accord mais combien ? et lesquels ?

Tous ou certains (hors papa maman les sœurs et les cousins plus ou moins génétiques) ?

Papa Maman déjà, avec leur je, ont fait un jour ce il que je continue à devenir ; je ne suis donc qu’ils deux, plus ou moins assemblés, mélangés ; et depuis ce début une autre elle m’aura fait de l’ombre autant qu’elle m’assistera dans mon envol

. . . si tous, alors même les imbéciles ? Sans doute, sinon sans eux comment aurais-je pris conscience de ce que je n’aurais pas aimé être ; car comment être ou pas un autre qu’on ne connaît pas ; puis-je être un inconnu de moi (hors ce que je suis et que je n’ai pas encore découvert) ?

Suis-je alors musicien (au moins un peu) puisque je sais qu’en appuyant volontairement sur la touche du piano il en sort un son, et sensiblement le même que celui de n’importe quel virtuose ?

Suis-je alors sculpteur (au moins un peu) puisque je sais d’un bout de bois ou de cailloux exprimer une forme . . . sensiblement ?

Un, m’a déjà affirmé que le dessin sous mon crayon était en train de tracer mon contour intérieur

N’est-ce pas la femme, par sa différence d’avec moi qu’elle soutient, qui me fait homme (même si ce détail est d’une importance plus que relative) ?

Bien sûr je suis vieux d’avoir été jeune tout seul (quoique) mais jeune j’étais déjà vieux (aussi) par l’immense majorité des êtres qui m’imprégnaient à l’époque.

Que serait la berge sans la rivière qui l’empreint et parfois même l’inonde, la montagne sans la plaine qui la grandit, l’arbre sans l’air ou-et la terre qui le nourrissent, et mon chien sans moi, donc moi sans mon chien ?

Mais alors, combien suis-je de tous ces autres et que me reste-t-il de mon je ?

Et qui es-tu toi pour me répondre ? La berge, la rivière, ou l’arbre au pied duquel le chien me regarde patauger ?

mes plus beau diplômes* :

le prochain, et dernier, sera la dénationalisation,

dès que l’épreuve de citoyen du monde, au sens d’individu relatif occupant momentanément un espace en perpétuelle évolution, sera institutionnalisée,

pour n’être en fin plus qu’un Homo sapiens,

débarrassé de ces étriqu-ettes

après avoir tué le père

après avoir ensuite tué la mère

le jardin du je pouvait enfin s’ouvrir à de nouvelles semences

*annexe : un petit mérite plus facile

En fin de comptes, je n’ai « jamais rien » fait
je me suis laissé faire
même s’il m’a semblé parfois décider, refuser ou accepter

N’être rien pour être en permanence ouvert à tout, touche à tout et bon à rien afin de ne jamais porter les oeillères d’une quelconque spécialisation, et si « le jeu est le travail de l’enfant », rester enfant, en laissant les ombres et les lumières, les musiques, les parfums, les formes, se jouer de moi, pour jouer en eux ; tout prendre sans m’attacher afin de pouvoir tout rendre, ne rien savoir pour qu’il me reste toujours à apprendre, apprendre de, apprendre à, puisqu’apprendre est donner

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