Temp-éré

traces

encre

il y a longtemps, un disait des meubles que je dessinais :

« Un mobilier et des accessoires conçus comme des caractères.

L’ensemble de ses créations pourrait constituer un alphabet typographique. En appliquant à la lettre rigueur et simplicité, il compose chaque pièce comme un caractère. en associant chacune de ses productions, on pourrait faire des mots.

Cette recherche est délibérée et conduit tout naturellement à construire des programmes de mobilier qui ont un caractère »

Bernard Dessagne

à quoi je lui répondais : « j’ai choisi le bois parce que c’est lui qui travaille »

le meuble est un mot jeté, posé par terre, accroché au mur, mobile, adaptable ; s’assoir sur le dossier de la chaise les pieds sur l’assise ou assis par terre le livre posé sur la chaise, qu’importe ; en quoi la chaise n’en est-elle plus chaise ? Et est-ce la même chaise selon le cul posé dessus ?

Ecrire au crayon de papier ;

tracer une allée en protégeant son éphémère, en se souvenant des premières pistes cheminées où parti pour me fuir, partout où j’allais je m’y trouvais déjà ; nulle part je n’ai trouvé un autre « je » différent en arrivant ; et jamais je n’ai pu reprendre en partant le chemin que je venais de quitter ;

planter c’est poser sa marque ; laisser une empreinte ; je suis passé là un jour ; d’autres édifient des monuments, des églises, et souvent leur maison comme même édifice défiant le temps, pour un JE écrit à l’encre indélébile