Temp-éré

traces

des paroles

ou rester brin de mousse

donc des paroles, écrites

des mots, donc définis et malgré tout connotés puisque reçus

des mots à décoder . . .

« Apprendre à décoder, ce n’est pas simplement savoir techniquement reconnaître un énoncé contraignant, c’est aussi être en mesure de se placer, le cas échéant, dans une posture paradoxale de refus ouvert, c’est apprendre à être un être non influençable en même temps que rester disponible aux autres. Le décodage n’est pas une fermeture. Il constitue au contraire l’indispensable pas de côté qui permet d’aller plus avant dans le monde »
Philippe Breton – La parole manipulée

Peut-être alors dans cet esprit pouvons-nous commencer à (se, me, te, nous) parler,

de choses et d’autres, des mots des mois et des mots du jardin, un jardin de mots . . . pour un jardin de silences

L’écrit est cri silencieux

une feuille d’automne

souple glissant incertaine en murmures dans l’espace

virgule d’infini

vomi informe et insipide

paresseuse promesse de possible

Etre

Dernière mise à jour 2017-02-12 21:30:06 GMT. 0 commentaires. Haut.

« Etre ou ne pas être » n’est pas la question,

puisque sous-tend une volonté de choix,

alors que je n’ai pas choisi d’être,

et que j’accepte seulement de continuer ;

continuer à être, différent chaque lendemain parce que chaque aujourd’hui s’est retrouvé gorgé de chaque hier ;

je suis, là, parce que j’écris ces mots, sous l’orage et la pluie que j’entends, la fumée dans la gorge de la cigarette que j’aspire ; est-ce d’écrire, d’entendre le temps, d’avoir la gorge agressée de fumée, ou d’aspirer, qui me prouve que je suis, ou la fraîcheur du plancher sous mes pieds nus, ou ce ciel gris, ou les arbres que je vois à travers la fenêtre ou simplement la fenêtre qui m’isole des arbres en me les exposant ?

En modifiant un seul des éléments, les mots resteraient-ils les même dans ce même ordre ?

Peut-être au bout du compte, c’est toi, là-bas, que je ne connais pas, mais à qui j’écris quand même qui me réponds déjà que, donc je suis ; peut-être aussi que je te connais, et que tu me connais aussi, et que tous ces mots sont alors inutiles puisque sus ?

Qu’importe,

continuer à recevoir le temps,

et le laisser suivre son oeuvre avec la seule volonté de m’imprégner de ses courants d’air

Dernière mise à jour 2010-05-25 13:42:24 GMT. 0 commentaires. Haut.

J’aime bien être où je n’ai rien à faire ;

peut-être parce que faire est le contraire d’être ?

devant il faut tirer,

ou ralentir,

derrière il faut pousser,

ou accélerer,

au milieu laisser faire,

ou se laisser faire,

pour rester entre deux,

rester utile à deux,

être au milieu de,

pour rester entre, d’eux,

être de chacun deux,

ou ensemble,

être toujours au milieu sans jamais vouloir être au centre

2 thoughts on “des paroles