? L’intelligence des arbres ?

« L’intelligence des arbres »
en débat 
après projection au cinéma Vox

 

Le documentaire, « L’intelligence des arbres » projeté mercredi au cinéma Vox, a rassemblé une centaine de spectateurs, qui ont eu l’opportunité d’échanger avec Jean-Louis Vignaud créateur

de I’arboretum du « Chêne-Vert » de Chabanais et Jean-Paul Dervin technicien forestier (Photo CL).

Après visionnage du film, spécialistes et public ont convenu « qu’il y a beaucoup d’éléments à grappiller » et souligné « l’intérêt de regarder les arbres autrement« .

Après avoir abordé la thématique de la production de bois de chauffage, la discussion a porté sur les

deux types de forêts françaises.

« Toutes nécessaires à l’équilibre de la biodiversité. Les forêts domaniales, comme celle de Chizé dans

la Vienne, qui doivent être classées, et les forêts plantées ou matricielles qui s’étendent sur 15 millions d’ha sur le territoire national« .

Un échange intéressant et sans langue de bois entre la salle et les deux intervenants.

(CL du 19 janvier 2018)

 

Plus documentaire que film, et en deux parties distinctes

1 Les trésors cachés des plantes – 6 intervenants

2 L’intelligence des arbres – 2 intervenants : Peter Wohlleben, et Suzanne Simard

(la deuxième partie est plus proche du livre de Peter Wohlleben « La Vie secrète des arbres »

Suzanne Simard, d’un niveau plus scientifique et accompagnée de quelques expériences de laboratoire, est, avec deux de la première partie, la plus écoutable)

 

Séance surprenante, jusqu’à déstabilisante (mon collègue d’intervention, forestier, disant d’entrée n’avoir « rien compris », par cette formule, où, s’attendant à un film on se retrouve face à des interventions, désordonnées, de personnages, assis dans leur jardin ou la nature pour nous disserter d’autant de mouvements des plantes ; la deuxième partie ne présente aussi que 2 personnages « plantés » chacun dans sa forêt, l’un de hêtres l’une de douglas.

 

J’avais lu le livre, offert, peu de temps avant de voir ce « film »

C’est la première fois, de ma vie je pense, que je n’ai pas tout lu d’un livre, au moins dans l’espoir d’une ligne qui « changerait les choses » ; alors je lisais quelques pages, mais tant d’anthropocentrisme m’amenait régulièrement à en sauter une cinquantaine ensuite, pour retomber dans la même dérive ; rien n’est dit, et parfois « en même temps » le contraire

Ce n’est même pas un homme qui parle, l’anthropocentrisme est dépassé, c’est dieu lui-même

 

Et le film est à l’avenant, commençant par deux vues de deux cultures monospécifiques inconnues industrielles de milliers d’hectares sans autre trace de vie, quelques survols d’avion de quelques forêts inconnues ;

un « conférencier » de la première partie assis devant l’entrée de sa maison agrémentée de plantes exotiques en « pot de fleur », l’autre, assise par terre mais sur laquelle, nous racontant la dimension poético-orientale et musicale, un troisième nous montrant le matériel sophistiqué transformant les vibrations naturelles des plantes en sons par la magie de l’électro-magnétique (personne sur la chimie).

 

Oublié Darwin (l’équilibre, par définition instable puisque simple état occasionnel non volontaire et momentané), Dawkins (le gène égoïste, chaque organisme vivant n’en étant qu’un outil de transport), de même que parmi tant d’autres vraies références : Jean-Marie Pelt, Hubert Reeves, Christophe Drénou, Francis Hallé, Clive Ponting, François Terrasson, pour ne citer que quelques contemporains.

 

Extraits : (seulement 3 pour être moins énervant)

 

  • l’intelligence de l’arbre

Des phénomènes observés et présentés, si l’on pose, pour la plupart, la question du « pourquoi » à un scientifique, le point d’interrogation restera suspendu ; le scientifique honnête sait bien la relativité de cette « intelligence » spécifiquement humaine

quoique . . . puisque l’intelligence, le propre de l’homme, semble n’être que la capacité à persister dans l’erreur,
comme il est le seul organisme vivant à tuer pour le plaisir

l’homme est aussi la seule espèce envahissante quel que soit le climat ;

et son incapacité, ou son refus, de s’auto-réguler l’entraîne au suicide, raisonné, donc a-naturel, contrairement aux autres organismes vivants comme les arbres par exemple.

 

  • les arbres exotiques, ne sont pas adaptés à leur nouveau climat, et sont donc condamnées à disparaître

ou plus sûrement coloniser les espaces, dont ceux abandonnés par l’homme après stérilisation quelconque (buddleja, robinier, chêne rouge etc.) allant jusqu’à empêcher une flore « indigène » de se réinstaller,

contrairement à d’autres magnolias ou cèdres naturellement disparus d’Europe

 

  • « l’arbre-mère protège et nourrit sa progéniture »

Sauf, entre autres, pour les arbres à fruit ailé comme l’érable ou le frêne (vent)

Sauf encore, pour les arbres où chaque individu est de sexe différent ; quid alors de « l’arbre père »

Et ses enfants qu’il tue par son ombre ou l’épuisement égoïste de la nourriture du sol ? (même si ce cas nous ramène au premier point des fruits ailés) ou encore l’abandon à la concurrence, lumière, racines, sol, d’une autre espèce

Déjà, quand je regarde tous ces embryons (glands, pommes, noix ou autres) jonchant le sol en fin de saison, je reste abasourdi de tant d’avortements, mûrement réfléchis, calculés, mesurés, par tant d' »intelligence ».

A moins qu’il en ait choisi certains comme mets (don ou sacrifice ?) pour merles ou cochon ?

 

En fin du livre, dire que « il faut connaître l’arbre pour le protéger », j’ai plutôt le sentiment que l’accroissement de la connaissance, ce « propre » d’Homo sapiens, entraîne l’accélération de ses destructions de son milieu de vie qu’est la planète.

Mon chien semble aussi partager cet avis, sachant bien lui aussi que l’individu n’existe pas sans écosystème . . . dont il nous faudra bien encore quelques planètes à ravager pour avoir le temps de faire le tour de la question que-distingue-qui-de-quoi

 

Sur le fond, ok, tout le vivant communique, plus ou moins, mais quel est le ressenti par chacun de cette communication ?

Le mycélium  est-il « le réseau internet des arbres », ou l’internet ne serait-il pas plus tôt une pâle imitation du mycélium qui n’a même pas besoin d’edf pour se tromper d’un transfert de données ?

A éviter, livre ou film, même pour en rire

Parce que je doute que la vulgarisation du loup par le petit chaperon rouge ait bien aidé à le faire aimer,

aller un peu plus loin,

et beaucoup plus justement avec France culture :

  • Alain Prochiantz
    dans « L’animal est-il un homme comme les autres ? »
    surtout entre 44mn50 et 50mn20
    pour rester au plus près de notre sujet, malgré mes réticences à son égard vu son rapport à la plante,
    et parce que l’animal n’est Lui aussi qu’un autre « organisme vivant »

 

 

  • Soizic Prado
    dans « Les interactions chimiques des plantes »
    (même page)
    pour la chimie qu’il nous manquait au cinéma

ou, plus près du végétal :


jeanlouis . . .

2 Commentaires

  • 23 janvier 2018 - 23 h 44 min | Permalien

    (4 commentaires reçus en privé, pas facile de poursuivre le débat 😉 )

  • 4 avril 2018 - 16 h 03 min | Permalien

    Hier, nous sommes allés voir le documentaire « L’intelligence des arbres », tiré en partie du livre de P. Wohlleben « La vie secrète des arbres » : sans doute ne faut-il pas tout avaler béatement, mais il y a néanmoins des pistes intéressantes, des idées audacieuses mais qui me semblent dangereuses comme passer leur « propre » musique aux plantes pour augmenter leur productivité : ce qui me gêne, c’est « productivité », bien sûr, mais aussi que cela ne me semble pas forcément meilleur que les engrais et autres pesticides, pour la plante ; pour l’homme, sûrement, cela doit être moins nocif ! Mais pour la plante, il s’agit toujours de l’exploiter, de lui « mentir » pour en tirer profit ; et, last but not least, une volonté de reconnexion de l’homme à la nature qui me semble urger (le point positif : la salle était pleine).
    Mais… qu’est-ce qui est passé par la tête des organisateurs ? Il y avait 3 intervenants : 2 à charge, et 1 cuisinier des herbes… Passons sur celui-là, inutile dans le contexte… Les 2 autres, profil : l’un : forestier, ONF : bon, on pourrait être indulgent, il a le cul entre deux chaises, il se défend,… cela n’excuse pas les remarques du genre : si on débardait le bois avec les chevaux, on serait limité en taille et adieu les grandes constructions… heu, ben comment ont-ils fait pour bâtir les cathédrales et autres édifices ? et cette autre : un jour on s’apercevra peut-être que les climato-sceptiques ont raison… Le deuxième intervenant, du premier choix : patron des propriétaires forestiers, frère tout à fait digne d’un propriétaire d’équipage de chasse à courre bien connu en Picardie : c’est lui qui, entre autres sympathies, a réduit drastiquement les subventions de l’excellente association naturaliste « Picardie Nature » quand il a accédé à la présidence de la commission environnement (ça ne s’invente pas !) de la région hauts de France ; est-il utile de préciser que ces personnes sont à droite, très à droite, très très à droite, politiquement ?…

    Sinon, à la manif anti chasse à courre de samedi dernier, nous étions près de 1000, et c’est un très beau score ! Le seul bémol, c’est que ça fait 40 ans que ça dure…

    Y’a du boulot les amis…

    copie sur yahoo ccv

    Françoise,
    habitante désabusée des zozos de France

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