Journées du Chêne-Vert 27-28 mai 2017

Les serpents : quand biologie, écologie et mythologie s’entrecroisent

Dans la plupart de nos sociétés, le serpent est généralement considéré, à tort, comme le symbole du mal (en fait il représente fondamentalement la connaissance et l’eau). De fait, c’est un animal persécuté. Pourtant, en France, chaque année on compte largement moins d’un décès lié aux morsures de vipères. Très peu de laboratoires effectuent des suivis de populations de serpents, le principal en France étant le CEBC. Les données collectées depuis vingt ans révèlent un déclin général. Dégringolade observée ailleurs en Europe et dans le monde. La première cause est la destruction et la pollution des habitats, notamment en raison d’un acharnement absurde contre les haies. A cela s’ajoutent les destructions accidentelles (e.g. sur la route) et volontaires. Résultat : les populations de serpents fondent comme neige et soleil. En connaissant la biologie et l’écologie des serpents il est possible de renverser la vapeur. Ce que nous avons fait avec succès près de la ville du Mans. L’éducation a un rôle crucial à jouer. Il faut remettre les enfants en contact avec la nature riche et spectaculaire, par exemple des milieux broussailleux. L’émotion lors du contact est le meilleur canal pour combattre les préjugés. Nos résultats très positifs montrent qu’il est possible de mettre en place des programmes d’éducation à l’environnement avec des espèces malaimées. Les serpents pourraient porter le symbole de ce type de changement de perspectives dont la biodiversité a réellement besoin. A ne protéger que les espèces qui ont déjà la faveur du public on tourne en rond, laissant de côté plus 99 % de la biodiversité, et on cultive l’idée selon laquelle certaines espèces méritent de vivre et les autres non. La notion dominante qui stipule que les espèces parapluies protègent les autres a en fait un champ d’application réduit au seul cas où elles sont présentes et aux habitats qui les concernent.

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