Revue de presse
le
mot,
dit, ne m'appartient plus ;
il tombe dans le domaine public,
à ce moment, je ne suis plus responsable de son
interprétation
Tous
les
articles sont en version intégrale
et ne sauraient en aucun cas engager notre responsabilité
(les Plantes et le planteur)
Bernard Dexet
1er page
Chabanais : au pied de ses arbres
Jean-Louis Vignaud est Chabanois. Passionné par les arbres et les essences rares, il s'est façonné, au fil des dix dernières années, un arboretum qu'il a décidé d'ouvrir au public. Sur quelque 13000 m2, avec 1700 arbres, arbustes et plantes, il s'est constitué un formidable lieu de culture. Du chêne qui n'a pas des feuilles de chênes au sassafras, le visiteur trouvera de quoi se mettre au vert.
page Charente-Limousine
Les arbres dans toute leur splendeur
Jean-Louis Vignaud ouvre
son jardin secret au "Chêne vert",
un véritable parcours initiatique
pour botaniste amateur
Auprès de ses arbres, Jean-Louis Vignaud vit heureux. Doux euphémisme pour cet homme de 47 ans né dans les odeurs de bois que l'on coupe, rabote et transforme. Avec un père menuisier - charpentier, le petit Jean-Louis ne pouvait y échapper. "Le premier objet en bois que j'ai créé, ce fut un cendrier" explique le designer industriel qu'il est devenu. Au "Chêne vert", dans sa maison en bois, nichée entre la nationale 141 et la Vienne à la sortie de Chabanais, Jean-Louis Vignaud s'est Inventé "son" monde, un "Pays sans drapeau". "un pays de naïfs semé de grains de folie, sur un terrain qui glisse doucement de la colline de granit vers la Vienne aux berges limoneuses". Les cheveux lui tombent sur les épaules.. La barbe a blanchi, mais l'oeil est toujours aussi vif derrière de petites lunettes cerclées.
"Ma cabane au Canada"
L'homme est poète. Bohème. Un homme sur lequel les Chabanois se retournaient quand il se promenait pieds nus dans la ville. "A 5 ans, je voulais ma cabane au Canada". En 1976, il avait bien sa maison de bois, mais à 50 mètres de l'endroit où il est né ! En 1977, il a commencé à planter ses premiers arbres. Des pins sylvestre auxquels il voue un véritable culte. Jean-Louis Vignaud marche toujours pieds nus . . . Les arbres ont grandi. Cette damnée tempête d'il y a quelques mois en a couché plusieurs. Les plus grands bien sûr. Depuis 1985, la passion pour les arbres l'a amené à engloutir ses bénéfices dans les essences rares. Au début, il plantait pour faire de l'ombre, "pour créer un environnement à sa maison".
La découverte d'Alan Mitchell, un maître "es arbres" a provoqué un déclic chez Jean-Louis Vignaud. Planter, oui, mais pour la postérité. Et, surtout, planter des essences rares pour faire connaître le chicot du Canada, le davidia, le zanthoxylum, un arbre d'Amérique du Nord aussi appelé le "poivrier du pauvre", pour montrer 60 variétés de pins, 90 d'érables etc., etc. Sur 13000 m2, pas moins de 1700 arbres, arbustes et plantes diverses croissent en liberté. Rien que ça !
Le
vent dans les branches de sassafras
Dans l'arboretum du Chêne vert, on entend le vent souffler dans les branches de deux sassafras Des petits sassafras certes, mais tout de même . . . Obaldia for ever. Poésie des écorces, camaïeux permanents, coassements des grenouilles, verdure, liberté toujours, l'exutoire est au pied de la cabane. Foin du Canada et des grandes étendues scandinaves, terres d'élection du grand et beau pin du nord. Jean-Louis Vignaud voyage sur internet et se ressource auprès de ses arbres.
L'arboretum
du Chêne vert s'adresse aux puristes
et à tous les autres. "Je vis pour
les autres" se plaît à dire le chantre de la nature
qui travaille sur une petite plaquette racontant l'histoire de ses
arbres.
"Le tirage sera limité au
nombre d'arbres planté pour produire le papier nécessaire"
lit-on
dans le bas de la couverture. Non, Jean-Louis
Vignaud n'avait pas envie, mais alors pas envie du tout de planter des
fruitiers
"qui auraient rapporté davantage"."Le plaisir, tu
l'estimes à combien?". a-t-il répondu à cette
remarque. Un pied de nez supplémentaire
à deux pas des grands bâtiments
industriels de l'entreprise Legrand
Sylvianne Carin
1er page
ETE PASSIONS
Chabanais : la vie en vert
Jean-Louis Vignaud est designer de son métier, spécialiste de l'environnement de l'enfant. Il est aussi le réalisateur d'un arboretum exceptionnel, le long de la Vienne, à la sortie de Chabanais. On y retrouve toute la flore de Charente-Limousine mais aussi des espèces importées de Chine ou des Etats-unis, dont il connaît parfaitement l'histoire.
dernière page
Côté ombre
Jean-Louis Vignaud répugne
à couper les branches
comme il répugne à couper sa barbe.
Son arboretum est à son image
Jean-Louis Vignaud présente 2000 espèces dans son arboretum au bord de la Vienne
Barbu comme ses résineux
C
'est la Vienne, côté ombre. Chabanais est tout
là-haut avec ses tuiles qui
tutoient les sommets. Jean-Louis Vignaud est tout en bas avec ses
tulipiers
chinois qui toisent les Américains, ses cotinus cotonneux, ses
érables
bicolores, ses sapins bleus, ses oenothères jaunes, 2000
espèces au total, des
plus familières aux plus étonnantes.
Jean-Louis
se fond avec la nature au point d'en épouser les modes. "Ma
barbe, c'est tendance résineux, je ne la coupe pas"
avoue-t-il, après avoir confessé le mal qu'il
avait à sectionner
les branches de ses arbres.
"On
peut me dire que ce n'est pas très propre ici, ça ne me
gêne pas. C'est la
plante qui a de l'importance, pas le gazon.
Quand je vois apparaître un pêcher sous la terrasse, je
supprime la terrasse".
Le chalet
en bois du designer chabanois en a vu d'autres. L'atelier
a même été détruit par un incendie et la
tempête de l'été dernier a creusé
une saignée dans l'arboretum.
Un
paysage familier
Jean-Louis
reprend, à chaque fois, sa copie en suivant son inspiration.
Consultant sur
Internet, il conseille : "Laisse-toi
aller, tu redresseras
toujours la barre. Surtout, ne fais pas de dessin". L'homme
connaît bien son sujet. On le dit un peu paysagiste et surtout
spécialiste de
l'environnement de l'enfant après avoir été celui
de l'aménagement
des crèches. "Les adultes, il n'y a
plus rien à faites avec eux, c'est trop tard . . . ". Aux
jeunes qui découvrent
son paradis de trois hectares, il explique inlassablement qu'ils n'ont
pas
besoin de toucher une fleur pour la
sentir, qu'il faut apprendre à regarder, à semer et
à planter pour sauver
l'humanité. Pas moins. "Une maison
ne devrait pas dépasser 1% de la superficie d"un terrain. Il n'y aurait plus besoin alors d'un ministre de
I'aménagement du
territoire, et la Creuse serait au même niveau que Paris".
Le
cheveu en bataille, pieds nus dans les allées qu'il a
imaginées
au volant de sa vieille Mercedes parce qu'il fallait de vrais
accès, Jean-Louis
s'attarde devant ses arbres, ses amis. Dont
il sait tout, y compris le nom latin pioché dans le Gaffiot d'un
oncle.
L'histoire,
leur histoire, est plus ancienne encore que la sienne. Il la respecte.
Il s'efface
derrière des troncs qui résisteront mieux que lui aux
années. "
Apprivoiser le terrain
Espiègle
et paradoxal, il énonce ses handicaps avant de créer son
arboretum en 1975.
"Il y en avait trois : le terrain était nu ; j'étais né ici ; ma famille
était paysanne". Il fallait apprivoiser le terrain, faire fi
des
difficultés pour obtenir un permis de construire lorsqu'on
choisit de
construire rune maison en bois . . . différente (!) et puis
encore renoncer à la rentabilité agricole. Une notion
ancestrale.
Jean-Louis
a pris son temps en suivant le chemin tracé par son chien, son
complice
paysager, et puis les arbres ont poussé. Aujourd'hui,
les pins sylvestres culminent à cinq mètres et l'homme
est sous les charmes. Une essence bien d'ici.
Enfin, en cherchant un peu, on s'aperçoit que dans "Chabanais", il y a cabane, cabane de pêcheurs et la résidence du designer n'est pas loin d'y ressembler. Parfaitement intégrée à l'environnement.
- 15
septembre 1998
Caroline FREYSSINGE
SAINT-JUNIEN
A
l'arboretum de Chabanais
c'est la nature qui commande
Visiter l'arboretum du Chêne-Vert à Chabanais, c'est découvrir près de 2000 espèces différentes. Il suffit de se laisser guider par le maître des lieux, Jean-Louis Vignaud, pour oublier le temps
"Quand
je fais quelque chose, il faut que j'en fasse profiter les autres".
Jean-Louis Vignaud est comme cela. C'est donc tout naturellement. qu'il a ouvert depuis un an son
arboretum
au public. Une bonne idée qui permet une promenade des plus
agréables où l'on
oublie le temps. Cela fait maintenant plus de vingt ans que cet enfant du pays
est revenu
s'installer à Chabanais. "Après
avoir pas mal bourlingué à travers l'Europe, je me suis dit que l'on n'était
pas mal ici", souligne-t-il avec un
sourire.
Ce
designer-architecte a d'abord construit sa maison. Pas
n'importe quelle maison, celle-là est tout en bois avec un
intérieur où il fait bon vivre. «
Ensuite, pour avoir de l'ombre, on plante un arbre, et puis deux et
après c'est
parti », explique-t-il. Petit à petit, le jardin a
pris forme. C'était en 1976, mais l'arboretum, il l'a vraiment
développé à partir
de 1985.
Aujourd'hui,
il compte 2000 espèces différentes. Il
y a pas mal de conifères, une des espèces
préférées du maître des lieux. "Suède-Finlande"sourit-il. Au
détour
des allées, on peut ainsi découvrir une soixantaine de
pins.
Les érables, les bouleaux sont
ici aussi chez eux.
"Il
y a toujours quelque chose à découvrir dans un jardin,
quelle que soit la
saison", explique Jean-Louis
Vignaud.
Ce
passionné que l'on appelle parfois pour le taquiner « l'intégriste
de la nature» veut faire partager son amour des arbres. «
Eux seront toujours là, c'est important de savoir que l'on fait des choses
qui vont durer" explique-t-il. La nature, pour la comprendre, il faut avant tout la
respecter. Chez Jean-Louis Vignaud, elle a tous
les droits.
"Si un arbre pousse tordu, je n'irai jamais le redresser"
Il
a banni depuis longtemps les engrais. Il
ne taille pas non plus les arbres et arbustes. Ici,
ce sont les éléments qui décident. Même
si parfois cela ne lui fait pas plaisir, comme quand la tornade s'est
abattue
sur la région de Chabanais. C'était
en mai 1997 et 35 arbres ont été à terre. ,
C'était les plus malades, c'est la sélection naturelle
», se
console-t-il.
Un
site sur Internet
Jean-Louis Vignaud aime bien ouvrir son arboretum aux enfants. Il les connaît bien, il a notamment travaillé à l'aménagement de crèches. Aux petits, il peut transmettre plus facilement son message, leur faire comprendre l'importance de la nature, "la persistance de l'éphémère'", comme il aime l'appeler. Il leur montre toutes ses espèces, des plus familières aux plus étonnantes.
Pour être en contact avec le monde, il aime bien pianoter sur Internet. Il a d'ailleurs créé un site sur l'arboretum. Des personnes l'ont découvert et sont venues à Chabanais pour le visiter. Sur Internet il participe également à des forums de jardinage, ce qui lui permet de partager avec d'autres ses expériences. "Si certaines ne s'acclimatent pas, Jean-Louis Vignaud a parfois d'agréables surprises. "J'ai planté comme cela un ehreitia d'Asie qui a bien réussi".
L'arboretum s'étend sur près d'un hectare. Dans les cartons, Jean-Louis, qui a créé une association avec ses deux soeurs, souhaite l'agrandir en y ajoutant deux hectares supplémentaires. Du travail en plus ? Jean-Louis s'en soucie peu. Quand il est avec ses arbres, ce n'est pas du travail. Et puis, il aime répéter à loisir: "J'ai choisi le bois parce que c'est lui qui travaille".
Il n'y a qu'à passer quelques minutes avec lui dans son arboretum pour le comprendre. Il connaît tous les noms des espèces et leur particularité. Une leçon de choses grandeur nature.
LA MONTAGNE - septembre 1998
Nicolas YARDIN
Jean-Louis Vignaud possède à Chabanais une maison tranquille, avec un grand jardin. Rien d'exceptionnel si ce n'est que son jardin est en fait un immense arboretum comptant plus de 2000 espèces différentes. Rencontre avec cet homme qui aime par-dessus tout l'oeuvre de la nature.
Sur la route de Chabanais se trouve un petit chemin avec des barrières indiquant (le Chêne Vert>. Rien de très remarquable en fait. En s'avançant au fond du chemin, on découvre une maison en bois, entouré d'un grand parc, ou s'ébattent tranquillement un chien et un chat. Un cadre bien bucolique, ambiance "peace and love".
Mais le maître des lieux n'est pas resté aux années 70. Il surfe sur Internet, tant pour son travail (designer), que pour sa passion : les plantes. Et l'antenne HI-FI, bien que discrète, ne le tient pas moins informé des nouvelles du monde. Rien donc du hippie retiré loin du monde moderne.
"On
plante
Après avoir voyagé dans toute l'Europe, Jean-Louis Vignaud (originaire de la région) s'est dit que, finalement, Chabanais valait bien tous les lieux qu'il avait visités. Il s'est installé là en 1976. Après avoir construit sa maison, il a planté, comme, tout un chacun, un arbre. Puis, la passion a pris le dessus. Aujourd'hui, son hectare et demi devient trop petit pour héberger tous les occupants. Amoureux des pays nordiques ("Ma maison, c'est ma cabane au Canada"), il s'est longtemps consacré aux seuls conifères, notamment au pin dont il possède plus de 60 espèces différentes. Puis est venu l'érable, et le bouleau, l'essence pionnière, le premier arbre qui s'installe.
Pour ne pas s'enfermer dans un carcan de culture, l'arboretum a été aussi orienté vers les plantes vivaces, comme l'ehreitia, venue d'Asie "qui s'est adaptée à en devenir envahissante".
Son travail de designer, Jean-Louis Vignaud l'exerce dans les écoles les crèches et les établissements pour enfants handicapés, où il développe encore sa passion du bois et des plantes.
L'arboretum du Chêne-Vert est le seul en Charente, du moins dans cette configuration.
Bernard Dexet
1ère page :
CHABANAIS : CONFIANCE EN LA NATURE
Jean-Louis Vignaud, le créateur de l'arboretum du Chêne vert à Chabanais, a une devise : “Laisser faire la nature”. La tempête a marqué de son empreinte ce paradis bucolique qu’est le Chêne vert sans toutefois traumatiser l’homme qui lui consacre sa vie. Comme en 1995, Jean-Louis Vignaud a perdu des arbres mais le vent, en modifiant une fois encore le paysage, lui a déjà donné des idées. Y compris à partir des arbres penchés et des souches soulevées.
on peut toujours utiliser un arbre qui penche, estime Jean-Louis Vignaud - Photo
CL
Page intérieure : CHARENTE-LIMOUSINE.
ARBRES
LA NATURE A DES RESSOURCES.
Jean-Louis Vignaud, créateur de l'Arboretum du Chêne vert à Chabanais, est partisan de laisser faire la nature
Jean-Louis Vignaud, barbe poivre et sel et petites lunettes cerclées, est un passionné: En créant I'arboretum du Chêne vert à Chabanais, en choisissant de vivre dans une maison en bois, en consacrant une grande partie de son temps aux végétaux, il a mis sa philosophie en adéquation avec son cadre de vie. Des arbres, des plantes, la nature vraie à peine guidée par le sécateur. Jean-Louis Vignaud est un chantre de la diversification, un pionnier des essais un découvreur, un puriste, un esthète. On ne sait plus. Il faut le rencontrer le laisser parler des plantes et communier avec la nature du. Chêne vert pour comprendre.
Laisser faire la nature
On pourrait penser qu’une tempête aussi violente et
destructrice que
celle du 27 décembre, l’aurait profondément
affecté. Pas vraiment. “En
1983, au premier coup de vent, les peupliers en bord de Vienne sont
tombés. En 1987, une nouvelle tempête a secoué les
arbres. En 1995, la
tornade a porté un coup sérieux à
I’Arboretum; cette fois, en 1999,
l’ai eu 150 plantes abîmées et j’ai
redressé 80 arbres” énumère
Jean-Louis Vignaud.
L’homme est partisan de faire confiance à la nature.
Redresser un petit
arbre ayant au maximum 10 ans c’est possible “mais sans
utiliser les
haubans”, précise-t-il. Et de poursuivre: “Quand un
arbre a eu la tête
coupée par exemple, je conseille de faire une coupe propre et de
laisser faire la nature. Je ne conseille pas le mastic qui peut
être
plus nocif qu’autre chose. Il faut aider la nature, mais ne pas
prendre
sa place.”
Autre exemple: un arbre est tombé. On coupe le tronc et on fait
enlever
la souche? Et bien non. “Moi, la souche, je la laisse en place
parce
que cela modifie les volumes dans un jardin. Et sous cette souche, un
hérisson peut venir trouver abri! ” raconte Jean-Louis
Vignaud.
Quand on vous dit que cet homme est un puriste. “ Je ne trouve
pas de
raison de ne pas aimer une plante ” insiste-t-il. Et pour en
revenir
aux souches, il laisse faire le pourridié. Toujours la nature,
comme
pour les branches qu'il ne veut pas brûler. C'est du compost qui
part
en fumée. Garder les branches et les feuilles sous-entend que
l'on
n'est pas accroc de la pelouse hyper-rase aussi nette qu'un green de
golf. C'est un choix.
Jean-Louis Vignaud a dû se résigner après la
tempête : 30 arbres ont
subi la tronçonneuse. Un véritable
crève-cœur. “ Pour les branches
cassées, on arrange la coupe et on attend un an, voire
deux.” dit-il en
montrant un pin couché à 45° qui s'est refait une
tête. Les exemples
sont nombreux au Chêne vert qui accréditent les
thèses du maître des
lieux. “L'avantage de le tempête, c'est qu'il y a un
paysage à
reconstruire ” plaisante-t-il en montrant des tas de branchages
qui
feront le compost de demain et des pins qui ont l'air d'avoir subi un
brushing en règle.
“ Je pense que la tempête devrait être l'occasion de
planter des
essences nouvelles, des liquidambars ou des ailantes par exemple, des
arbres qui ont parfaitement résisté à la
tempête ” conseille Jean-Louis
Vignaud.
PAGE INTÉRIEURE : CHARENTE-LIMOUSINE – ENCADRÉ :
LES INTERNAUTES AU SECOURS DU CHÊNE VERT
Jean-Louis Vignaud est
certes un amoureux de la nature mais il croit dur comme fer aux moyens
de
communications modernes.
L’arboretum est sur le net (1) et les échanges sont
fructueux qui
permettent aux passionnés comme lui d'échanger, non
seulement leur
point de vue, mais aussi des plantes. “ Je participe aux forums
qui
sont
organisés sur le Net. La tempête a suscité beaucoup
de questions. J’ai
reçu des propositions d’une vingtaine de personnes qui
veulent faire
quelque chose pour l'arboretum. Elles se proposaient de faire une
souscription pour remplacer les arbres abattus.” En fait, on
s’achemine
vers un parrainage. Pour ce faire, Jean-Louis Vignaud a donné la
liste
des 2000 plantes qui constituent l’arboretum afin que les
parrains
puissent offrir une plante qui n’existe pas, mais qui peut
croître à
Chabanais. “Je ferai la sélection mais le but est de faire
évoluer
l’arboretum” dit-il.
Jean-Louis Vignaud n’est pas peu fier de montrer l’une de
ses dernières
plantations, un pin Aristata, capable de vivre 4500 ans. C'est tout
simplement l'organisme vivant qui peut vivre le plus longtemps. Il
l’a
protégé par une grosse borne en granite. Son pin Aristata
ne mesure que
3cm de haut pour le moment !
(1)On peut découvrir I’arboretum du Chêne vert sur
le site www.lechenevert.net
Bernard Dexet
(numéro hors série "tempête")
la Charente-limousine se bat pour ses forêts
A Chabanais, le Chêne-Vert a reçu 66 plantes
Le
collectif du Chêne vert s'est enrichi de 23 parrains qui ont
chacun apporté
leur arbre à l'arboretum chabanois
Vous
avez dit virtuel ? Vous pensez que les mordus des cyber-voyages sur le
Net sont
de doux rêveurs qui font joujou avec leur souris et ne vont pas
-au-delà de
leurs cyber-projets ?
Eh
bien rassurez-vous il existe des internautes qui ont les pieds sur
terre. On
peut même dire que d'aucuns ont les racines dans l'humus puisque
23 internautes
ont déjà promis d'apporter leur arbre à
l'accomplissement de l'arboretum du
Chêne vert à Chabanais.
La
cyber-histoire de Jean-Louis Vignaud, le créateur de cet espace
de rêve, a débuté
juste après la tempête. Adepte du Net, il avait eu
l'occasion d'y raconter sa
tempête en participant aux forums sur le jardinage.
De
ces échanges est né le collectif du Chêne vert qui
a rapidement rassemblé
des amateurs éclairés désireux de venir au secours
de l'arboretum charentais.
Le challenge consistait pour les internautes à fournir à Jean-Louis Vignaud des plantes manquantes. Le Chêne vert en recense déjà 2000, c'est dire si les futurs parrains avaient le choix pour leur filleul. Parce que c'est bien de filleuls dont il faut parler. Un certificat de parrainage virtuel a été créé dans lequel les parrains reconnaissent placer leurs arbres sous la protection du Collectif du Chêne-Vert
Le
certificat comporte 66 noms d'arbres et 23 noms de parrains.
Les
paroles s'envolent et les écrits restent.
Certes. Mais il
convenait surtout de passer au concret.
Ce
fut fait le 26 février, jour de la Saint Nestor. Noëlle la
Strasbourgeoise
avait programmé un voyage à Brest avec détour par
les Pépinières botaniques
armoricaines.
Un
crochet par la Charente s'imposait en compagnie de Valérie la
Creusoise pour
effectuer une première livraison à Jean-Louis Vignaud au
nom du collectif.
Il
ne restait plus qu'à planter. "Je devrais recevoir au moins
150 plants"
se félicite le maître du Chêne vert.
De
quoi largement remplacer les victimes du 27 décembre.
- 14 février 2001
Christian Molitor
Terroir de Poitou-Charentes - Le Confolentais
Un jardin écologique
Autour de sa maison de bois, Jean-Louis Vignaud, amoureux de la nature et botaniste passionné, a créé un jardin écologique en bordure de la Vienne : "Je voulais recréer un lieu où une partie de la nature retrouverait quelques-uns de ses droits."
Il plante ses premiers plans en 1975 sur des terres familiales ressemblant alors à de vastes pâturages : près de 2 400 espèces d'arbres et d'arbustes, de tous horizons, se côtoient sur un peu plus d'un hectare et deux autres hectares sont en cours d'aménagement.
Des sentiers verdoyants sillonnent ce lieu extraordinaire : une petite clairière consacrée aux plantes vivaces projette ses couleurs variées et délicates ; un peu plus loin, les grenouilles croassent dans une mare bordée de cannes de Provence et d'iris ; les magnolias, les rhododendrons, le houx, le drégéa sinensis (anciennement appelé Wattakaka)... réservent de nombreuses surprises dons cet espace où couleurs, senteurs et lumières font naître de subtiles ambiances.
Cécile Pelé
page Limousine
l'arboretum prend un nouveau départ
Inauguré hier, l'arboretum du Chêne Vert à Chabanais a pris une autre dimension. Le public peut désormais venir découvrir les quelque 2.000 espèces de végétaux.
Des trois arbres du début, en 1975, il n'en reste que la moitié d'un. Mais depuis 25 ans, près de 2000 espèces botaniques (bouleaux, chênes, camélias...) vivent dans l'arboretum du Chêne Vert de 3ha à Chabanais.
«Mes parents étaient maraîchers et ils m'ont laissé un pré à mouton», explique Jean-Louis Vignaud, le créateur de l'arboretum. Il a su le transformer en un lieu d'observation et d'acclimatation de plantes venues de tous les continents. Depuis quelques mois, le parc botanique a pris une nouvelle dimension en s'ouvrant officiellement au public. L'arboretum est également en cours de classement par le ministère de l'Environnement.
L'association organisait, hier, la première «journée du Chêne-Vert». «Une journée thématique sera désormais organisée chaque 1er mai avec conférence et visite autour d'une plante. Cette année, nous avons choisi le magnolia qui est une des premières plantes de la planète», précise Jean-Louis Vignaud.
De nombreux élus et personnalités étaient présents pour l'inauguration. Mme le préfet, Marie-Françoise Haye-Guillaud a symboliquement planté un magnolia au milieu des 12000m2 aménagés après une visite de l'arboretum un peu écourtée pour cause d'inondations. «A l'heure actuelle, 6000m2 sont inondés, c'est une grosse inondation mais ce n'est pas un record», souligne le propriétaire des lieux.
Une collection de chênes, une zone «marécage» et un fructetum viendront prochainement compléter les collections existantes. Ni engrais, ni arrosage (sauf à la plantation), le naturel prime à l'arboretum.
«L'art dans la rue sans la rue»
Jean-Louis Vignaud désherbe même certaines zones à la main sans aucun outil. Mais les responsables de l'arboretum du Chêne- Vert désormais réunis au sein d'une association veulent aller au-delà de leur collection de plantes en développant d'autres activités. Et si l'arboretum accueille depuis 1997 des écoles, ce type d'activités devrait se renforcer grâce à la structure officielle qui vient d'être créée. Les jeunes disposent d'une salle d'activité et de documentation. Une ouverture vers les enfants mais également vers les professionnels et bien évidemment vers le grand public est en cours. «Cet arboretum contribuera à l'essor du tourisme dans le Confolentais. Et en ce moment avec le mariage de la lumière et de l'eau, la visite du parc a un côté magique, une balade un peu hors du temps», remarquait Mme le Préfet.
Jean-Louis Vignaud espère également faire de son arboretum un lieu artistique où des plasticiens viendraient s'exprimer.
«Notre environnement constitue une autre source d'inspiration, l'art dans la rue sans la rue finalement», conclut Jean-Louis Vignaud.
Jean Degorce
Un label pour l'arboretum de Chabanais
Le Chêne-Vert vient d'être agréé auprès du conservatoire français des collections végétales spécialisées, pour ses cornus et ses stewartia
L'arboretum du
Chêne-Vert
de Chabanais a reçu une
labellisation en «collection agréée» pour
ses, deux collections de
Cornus et de
Stewartia, des cornouillers et des «camélias en
arbre» (Lire encadré).
Jean-Louis Vignaud vient au cours d'une cérémonie qui
s'est déroulée à
l'arboretum national des Barres dans le Loiret, de recevoir les
diplômes concernant ces deux collections, décernés
par le conservatoire
français des
collections végétales spécialisées (CCVS).
Il n'existait pas encore de collection française de Stewartia,
Jean-Louis Vignaud est donc le premier à avoir une telle
collection. En revanche, deux autres collections de Cornus sont
déjà labellisées au jardin
botanique de l'université Louis Pasteur à Strasbourg
(Bas-Rhin) et aux Grandes Bruyères
à Ingrannes
Une protection du patrimoine végétal
Cette labellisation, en plus de la valeur reconnue du site de Chabanais
et de la publicité apportée au lieu, va permettre
d'intensifier le
complément des collections par le supplément
d'informations qu'elle
procure et aussi le développement d'échanges avec
d'autres arboretums
français et étrangers. Au. 1er janvier dernier, le CCVS
recensait 236
collections
appartenant à 131 propriétaires.
En reconnaissant le Chêne-Vert à participe d'une
manière générale à la
protection et à l'enrichissement du patrimoine
végétal car chaque
année, près de
1000 espèces et variétés de plantes
disparaissaient de façon
irréversible du patrimoine horticole. En Charente, l'arboretum
du
Chêne-Vert est malheureusement te seul lieu détenteur de
collections
CCVS en
plantes d'extérieur. Une autre collection CCVS de plantes
tropicales
cultivées en serre (commelinaceae) est aussi présente en
Charente chez
Jean-Paul Thomas à Charmant.
encadré :
Cornus et
Stewartia, les
fiertés du Chêne-Vert
On a recensé
aujourd'hui
environ 40 espèces de cornouillers (à bois dur comme de
la corne), dont C. mas
(cornouiller mâle à fruit comestible) plus commun en
Charente
"calcaire" et C. sanguinea (cornouiller sanguin) plus commun en
Charente -
limousine "acide". La plupart sont originaires des zones
tempérées
de l'hémisphère Nord, de l'Amérique à
l'Asie, et trois du Mexique.
Bien que les plus nombreux soient des arbrisseaux, deux sont des
plantes vivaces
et quelques uns se développent naturellement en petit arbre. Ces
plantes sont
principalement connues pour les couleurs variables des rameaux (jaune,
vert,
plus ou moins rouge), mais insuffisamment encore pour la floraison
particulière
de certaines espèces (bractées), ou le port
"étagé" de la ramure ;
plusieurs donnent aussi de belles couleurs en automne. Trente sept
espèces,
essentiellement naturelles sont présentes à l'arboretum
du Chêne-Vert.
Le nombre de Stewartia (nom probablement donné en hommage
à un M. Stuart) est
nettement moins important avec seulement une dizaine d'espèces
dont sept présentes
à l'arboretum. Une espèce, du sud est des Etats-unis, est
en voie de
disparition dans son aire naturelle, d’où l'importance des
conservatoires que
représentent les arboretums ; une nouvelle espèce vient
d'être recensée en
Chine.
Ce genre très rare n'est présent que dans l'est de
l'Amérique du nord et
l'Asie de l'est. Ces "camélias en arbre", de la famille des
théiers,
sont remarquables par leurs fleurs blanches aux pétales
"frisés, chiffonnés",
l'écorce rougeâtre s'exfoliant, et les couleurs du
feuillage en automne.
Didier Mazaudou
Chabanais et son canton
Rendez-vous aux jardins
Faire le plein des sens en visitant l'Arboretum du Chêne Vert
Pour la première fois depuis son ouverture, l'arboretum du
chêne vert de Chabanais
participait à l'opération nationale : Rendez-vous aux
jardins.
Début juin, dans le cadre de «Rendez-vous au
jardin», auquel
participait pour la première fois l'Arboretum, quelques dizaines
de
personnes sont venues profiter de la nature et découvrir une
partie des
2560 espèces répertoriées. Le guide et
gestionnaire des lieux,
Jean-Louis Vigneau, est un passionné, un convaincu, sollicitant
constamment l'intérêt des visiteurs, répondant
à toutes les questions,
distribuant son temps, ses connaissances avec plaisir, ne
ménageant pas
sa peine pour expliquer le pourquoi et le comment de son action.
A l'accueil, jean Louis Vigneau a présenté l'histoire de
l'arboretum. A
l'origine, c'était un pré de 3 hectares, bordé le
long de la Vienne
d'une rangée de peupliers. Il a été
créé en 1975 et s'est développé
surtout à partir de 1985. Comment ? Dans un premier temps, il a
planté.
Pourquoi ?
«Faire de l'ombre était ma première motivation.
Mais partir d'une
prairie est le plus difficile pour faire un jardin. Il faut d'abord
planter d'urgence des espèces
variées.»
Durant la visite, les commentaires, conseils sont distillés
judicieusement, prenant exemple sur le réel observé :
«On achète une
plante ; si elle pousse, cela permet de déterminer la nature du
sol.» « Si une plante est à la bonne place, elle
pousse toute seule.»
«Il faut planter un bouleau quand
l'écorce est rouge, si elle est blanche c'est trop tard».
«Plus une
plante fabrique de graines, plus on aura de mal à les
faire germer» « Si on enlève l'écorce d'un
arbre, c'est comme pour nous
quand nous avons un coup de soleil, l'arbre souffre. »...
La visite est aussi l'occasion de sentir les essences,
d'apprécier la
fraîcheur, d'entendre le chant continu des oiseaux, du toucher
les
feuilles, les troncs et même de goûter quelques fruits,
tels cette
multitude de fraises des bois.
Rajoutons que «rien ne sort de l'arboretum et rien ne rentre tout
est
réutilisé, si j'ai des chenilles sur un fusain Par
exemple, comme je
dispose de différentes espèces de fusain, je ne traite
pas car la
chenille
n'attaquera que cette espèce,... je n'arrose que la
première année de
la plantation et quand ça fane. je ne désherbe pas pour
ne pas exposer
à l'air."
Impossible de retranscrire la richesse des échanges de la visite
dont
la durée a dépassé les 3h, sans que personne ne
cherche à l'abréger.
Didier Mazaudou
Confolentais
ChabanaisCHABANAIS. Arum, digitale, aubépine, troène sauvage, les plantes indigènes du Limousin seront ce samedi les vedettes d'une journée d'animation organisée samedi à l'arboretum du Chêne Vert
Main verte dans un gant de velours
Le week-end de l'Ascension et devenu depuis quelques années le rendez-vous annuel des amoureux de la nature, à l'arboretum du Chêne Vert, situé à Chabanais. Samedi, Jean-Louis Vignaud, le maître des lieux, accueillera pour la sixième année consécutive tous les passionnés des plantes pour la journée du Chêne Vert. Objectif, sensibiliser les visiteurs au rôle et à l'importance des plantes dans le milieu naturel. Comme chaque année, un thème est choisi afin de guider la conférence et la visite du jardin prévues au programme.
Jean-Louis Vignaud explique que cette journée est un moyen de regrouper tous ceux qui partagent la passion des plantes. « Et même si à première vue c'est le côté scientifique qui ressort de nos explications, nous tenons tout de même à les vulgariser afin que chacun puisse comprendre et utiliser à bon escient ce qu'il aura appris tout au long de la journée », ajoute-t-il. L'objectif principal de cette journée est donc pédagogique et celle-ci est ouverte tous. « Bien sûr, nous espérons recevoir des personnes curieuses et motivées. On n'est pas là pour subir, mais pour se divertir tout en apprenant ». Au fil des années, cette journée a su se faire connaître et apprécier puisque sont attendus 100 à 200 visiteurs
Côté sauvage
Et quand on visite l'arboretum du Chêne Vert, on s'aperçoit que son créateur reste fidèle à sa philosophie : seules des allées serpentent la végétation; ce côté sauvage du lieu est bien évidemment intentionnel. L'arboretum de Jean-Louis Vignaud accueille donc nombre de variété de plantes indigènes limousines, comme par exemple l'arum, la digitale, l'aubépine, ou bien le troène sauvage... mais combien, ça, Jean-Louis Vignaud ne le sait pas. Parce qu'après les avoir introduites à la création de l'arboretum, il les a tout simplement laissées vivre. Aujourd'hui celles-ci se développent toutes seules et se renouvellent d'elles-mêmes grâce aux graines qu'elles produisent. Si certaines s'introduisent dans le jardin de manière autonome, d'autres disparaissent de la même façon. « Tout évolue en fonction du climat, le jardin est en perpétuel mouvement ».
L'arboretum du Chêne Vert est par définition un lieu exceptionnel, où la nature, guidée par une main verte dans un gant de velours, est reine. «Dans la nature, il n'y a pas de mauvaises herbes, pas de vilain canard, mais tout a sa place »
Belles indigènes
Pour cette édition 2006, Jean-Louis Vignaud reçoit Askolds Vilks, docteur ès sciences de l'université de Limoges. Celui-ci dirigera une conférence sur les plantes indigènes du Limousin. Mais au fait, c'est quoi les plantes indigènes du Limousin ? Ce sont juste les plantes qui poussent et vivent naturellement sur le sol charentais. Des plantes propres à la Charente Limousine. Par conséquent, la conférence et la visite porteront sur la manière à adopter afin de chouchouter ces pures espèces charentaises. M. Vignaud précise, « On va apprendre aux visiteurs à reconnaître les plantes indigènes du Limousin, à les comprendre, et les conserver ». Il ajoute que celles-ci sont souvent considérées comme des mauvaises herbes. Lors de cet-te journée de découverte, son rôle sera de faire comprendre que dans la nature, il n'y a pas de mauvaises herbes, pas de vilain canard, mais que tout a sa place. Il faut donc faire corps avec la nature, tenter d'en être le plus proche possible.
A bon entendeur
Le site de l'arboretum du Chêne Vert est ouvert toute l'année au public ainsi qu'aux écoles, envers lesquelles il privilégie l'animation à but pédagogique. Selon les opportunités, plusieurs journées sont organisées au cours de l'année. Le site participera pour la première fois en 2006 à la journée de la science. Créé en 1977 par Jean-Louis Vignaud, l'arboretum du Chêne-Vert revit depuis peu. Après la tempête de 1999, il avait perdu la plupart de ses plantes. En 2000, pour aider à la reconstruction de ce lieu, un groupe de passionnés s'est proposé, le Collectif du Chêne Vert, devenu en 2004 une association ayant pour objectif de protéger, soutenir et développer l'arboretum en offrant arbres, arbustes et plantes diverses.
Aujourd'hui ce lieu de paradis pour la végétation compte environ 2500 espèces.
- 19 mai 2006
Didier Mazaudou
Arboretum du Chêne VertUne plante, qui pousse à l'état naturel, a une fonction, un rôle à jouer. C'est l'exemple classique de l'ortie qui pilonne dans la nature parce que son « boulot », c'est de transformer l'excès d'ammoniaque en azote. Donc, si on détruit les orties à coup de désherbant, on ne résout pas le problème de l'ammoniaque. Si on a une ortie, il faut revoir le problème de l'épandage, l'évacuation des eaux usées, ou cultiver l'ortie et naturellement au bout de ... 5 voire 6 ans, l'ortie arrivera à disparaître, parce qu'elle aura rééquilibré le sol et d'autres plantes s'installeront. Le jardinage, c'est simple, c'est ne rien faire" explique Jean-Louis Vignaud.
Les français courent les jardineries, achètent, fleurissent à tout va, mais certaines plantes bien présentées et vendues en godets, poussent déjà sur notre terrain. «C'est comme si le fait de les acheter leur donnait de la valeur !» remarque, amusé Jean-Louis. C'est le cas de la Lysimaque, présente dans ce coin du Limousin, dans les terrains un peu frais. C'est aussi le cas de la Ficaire, sorte de bouton d'or, que Jean-Louis a planté à l'arboretum. Si elle a sa place ici, elle se révèle être une calamité dans les jardins potagers. 2560 espèces d'arbres, arbustes et vivaces, tant indigènes qu'exotiques, principalement botaniques (dont deux collections agréées par le CCVS, Cornus et Stewartia) vivent à ses côtés en liberté, minutieusement répertoriées et observées régulièrement. Les plantes poussent où elles doivent pousser et dans la mesure du possible, leur lieu de germination est respecté. L'arboretum est aussi un lieu d'échange de plantes, de conférences, de pique-nique. II est accessible aux handicapés, est équipé d'une bibliothèque et est ouvert toute l'année sur simple appel téléphonique, afin de s'assurer de la présence d'un responsable
L'invité de ce samedi 27 mai est M. Askolds Vilks, Docteur
ès Sciences de l'Université de Limoges. A 10h, il donnera
une conférence sur le thème « Sauvages limousines
», les présentant et expliquant pourquoi elles poussent
dans ce territoire. L'après-midi se passera sur le terrain,
toujours en présence de M. Askolds Vilks, les participants du
matin étant amenés à réviser ce qu'ils
auront appris le matin. La journée est susceptible d'apporter
des éléments de réponse à la question :
comment faire un jardin en acceptant, tolérant, cultivant,
valorisant nos plantes sauvages ?
9 juin 2006
L'arboretum au rendez-vous des jardins
Pour la 2ème année consécutive, l'Arboretum du Chêne-Vert a participé à l'opération Rendez-Vous aux Jardins, à l'initiative du Ministère de la Culture, les 2, 3, 4 et 5 juin. Soleil et plaisir de la découverte étaient exacts à ce Rendez-Vous.
L'Arboretum du Chêne-Vert, à Chabanais est ouvert toute l'année (sur rendez-vous), mais le grand public croit parfois qu'un arboretum est un lieu uniquement destiné aux botanistes aguerris, voire aux professionnels, en tous cas au moins aux amateurs avertis. Si les arboretums sont bien des lieux qui intéressent les scientifiques, ils ont aussi une vocation pédagogique, des lieux où glaner des idées de paysagisme ou recevoir des informations de culture, et sont aussi destinés à accueillir tous les curieux, amateurs de plantes, amoureux des jardins. Ceci est particulièrement vrai pour l'Arboretum du Chêne-Vert qui, en plus d'être un ensemble de collections d'arbres et d'arbustes, est aussi un véritable jardin, un endroit vivant où les plantes semblent être chez elles au même titre que le jardinier ou le promeneur.
L'opération Rendez-Vous aux Jardins a aidé le public, parfois intimidé par le mot « arboretum », à entrer dans ce jardin couvert de plus de 2000 espèces de ligneux (arbres et arbustes) et plus de 500 .vivaces, bisannuelles ou annuelles, tant indigènes qu'exotiques.
Tous les visiteurs, quels que soit leur attente (de la simple curiosité à l'intérêt botanique très poussé en passant par les écoliers, les jardiniers amateurs, les acteurs des « services d'espaces verts »), petits et grands, ont parcouru avec bonheur les allées de l'Arboretum, à la découverte des floraisons, de graines, des feuillages, d'écorces dont la surprenante diversité a captivé même ceux qui se croyaient peu intéressés par la botanique.
Il faut dire que Jean-Louis Vignaud, créateur de l'arboretum du Chêne-Vert sait communiquer sa passion avec un talent particulier : nombreux sont les visiteurs qui, venant au départ pour une petite visite, ont passé plusieurs heures à l'arboretum, de surprise en découverte, posant de nombreuses questions, passionnés à leur tour par cet univers botanique qu'ils croyaient réservé aux spécialistes !
Le thème retenu cette année par le ministère de la culture était le parfum, mais l'Arboretum a élargi ce thème à toutes les senteurs des plantes et à l'étonnant parallèle qui existe souvent entre les senteurs et les couleurs... et ce que ces odeurs évoquent pour nous, les êtres humains. Les découvertes en ont été d'autant plus riches, parfois amusantes, toujours étonnantes.
Qu'elles soient originaires du Limousin, de Chine, d'Amérique ou du bassin méditerranéen, qu'elles soient connues, rares ou insolites, les plantes ont mené les visiteurs par le bout du nez, sous les frondaisons où le soleil jouait avec l'infinie variété de verts offerte par Ies arbres, les arbustes et ces plantes si basses qu'on les écrase négligemment. Tendres, subtiles, âcres, délicates, capiteuses, piquantes, les senteurs des feuillages, des écorces, autant et si souvent plus, que celles des fleurs, ont mené les visiteurs... par le bout du nez, déployant tout leur charme dans la douceur enfin retrouvée de ce printemps.
Marie-Françoise CORMIER
Les plantes sauvages se découvrent
à l'arboretum de Chabanais
Le «Chêne-Vert» a ouvert ses portes
au public ce week-end. Une visite sur le thème des plantes indigènes qui a
drainé de nombreux amateurs de jardins "nature"
"Il est des hommes qui font leur jardin et des jardins, qui font leur homme ..." Jean-Louis.
Vignaud, l'infatigable créateur de l'arboretum du «Chêne-Vert» à Chabanais, est de ceux qui apprivoisent la nature sans la brusquer. Les week-ends découverte de son jardin évolutif sont toujours un émerveillement, quelle que soit la saison.
Vendredi, ce sont les petits écoliers de Saint Maurice-des-Lions qui ont découvert cet univers de verdure et de calme, le long des berges de la Vienne. Les soixante-dix gosses et leurs enseignants ont eu droit à une leçon de chose grandeur nature. Ils ont appris comme la cinquantaine de visiteurs du lendemain samedi, à aimer et à respecter les «mauvaises herbes», ces plantes sauvages qui poussent dans les fossés et les champs du Limousin, dès les premiers rayons de soleil du printemps. Des plantes qui, apprivoisées, sont aussi belles que les meilleurs produits de serre.
La petite marguerite des prés, si discrète et pourtant
unique : chaque point de son coeur jaune est en fait une fleur à part entière, de même que chaque pétale. La plante porte en fait deux fleurs différentes sur une même tige. La benoîte
possède elle aussi une particularité. Son système . floral dispose d'une boule terminée par des fils qui s'accrochent aux poils des animaux.
Ce système lui permet de se reproduire.
Une conférence en bonus
D'autres végétaux tels les coucous, les primevères ou les chélidoines - l'herbe aux verrues de nos
anciens - font aussi partie des hôtes du "Chêne-Vert". Une conférence sur les plantes indigènes du Limousin,
animée par Askolds Vilks, professeur de science à l'université de Limoges, a complété la
visite sur le terrain.
encadré :
Un havre de paix et de verdure à visiter
Créé en 1975, par Jean-Louis Vignaud, propriétaire des lieux, sur un espace inculte le long de la Vienne, l'arboretum du «Chêne-Vert» possède aujourd'hui près de trois mille espèces d'arbres, d'arbustes et vivaces, principalement en espèces botanique, Il est constitué de trois hectares en terrain dénivelé comprenant un sous-bois reconstitué et de la prairie ancienne.
Les conifères ont été les premiers installés dans le jardin. Les érables et bouleaux sont venus compléter le lieu. Puis des arbrisseaux, des arbres à troncs multiples... encore des arbrisseaux... "Un jour ça se mélange... dans la tête et aussi sur le terrain... et c'est bien comme ça ! On y a ajouté des espèces plus rares, pour "boucher les trous". La nature a fait le reste pour acclimater chaque spécimen" ajoute Jean-Louis Vignaud.
Les seules transformations ont été la réalisation de trois mares qui sont revenues naturellement à l'état de marécage, composé de plantes variées. La culture lies végétaux est exclusivement naturelle, sans engrais ni pesticides et sans modification du sol. Seul l'élagage nécessaire est pratiqué. Ce petit havre de verdure et de paix est ouvert toute l'année au public, aux groupes et aux écoles et collèges.
Marie-Françoise CORMIER
Pour la première fois, l'Arboretum de Chêne Vert a participé cette année à la Fête de la science, qui est l'occasion de faire sortir la science des laboratoires pour l'amener vers le grand public, enfants et adultes. Le thème retenu était une initiation à la pédologie, science du sol, milieu vivant. Pour l'aborder, Jean-Louis Vignaud, le maître des lieux avait invité Jean-Pierre Verger, ancien maître de conférences à la Faculté de sciences de Limoges.
Les scolaires de la classe de CM2 de Chabanais ont partagé la journée de lundi avec ces deux intervenants. Jean-Louis Vignaud leur a fait observer les plantes, les amenant à faire la différence entre plante herbacée et plante ligneuse, plante annuelles et bi-annuelle... Les enfants ont également dégusté différents fruits d'arbustes genre cognassier, poivrier...
Jean-Pierre Verger a dirigé l'observation de trois trous, mettant en lumière la structure du sol en différents endroits de l'arboretum. Ainsi dans le premier, les écoliers ont vite repéré la roche sur laquelle reposait la terre garnie de nombreuses petites racines et enfin la végétation... De la même façon ont été observés les deux autres emplacements avec des résultats différents. Cette première partie en extérieur se poursuivait dans une salle où Jean-Pierre Verger avait mis en place deux expériences. L'ensemble des observations permettait d'arriver à la conclusion : «Dans la partie basse, l'arboretum occupe la couche alluviale du lit majeur de la Vienne. Dans la partie médiane, la pelouse se développe sur un sol peu épais dit ranker, où la couche humifère (sol riche en humus, ndlr) repose directement sur le sol granitique. Alentour, le sol est beaucoup plus épais et on constate des phénomènes plus ou moins marqués d'engorgement par l'eau...».
Les adultes étaient accueillis gratuitement pendant toute la semaine. Avec eux, Jean-Pierre Verger a été beaucoup plus technique dans ses explications, tout en restant à la portée de son auditoire. «Les sols de l'Arboretum du Chêne Vert à Chabanais appartiennent à trois groupes :
très localement des sols peu épais (50 cm) appelés rankers, à un seul horizon (une seule couche, ndlr) humifère, recouvrent les rares affleurements granitiques du granit formant le socle du Massif Central.
la quasi totalité des sols de la pente est constituée par des sols bruns plus ou moins lessivés et glossiques avec individualisation profonde de nodules ferro-manganiques sur les épandages sablo-limono-argileux résultant de I'arasement
- juin 2007
Balade en Est Charente
L'arboretum de Chabanais
un jardin "buissonnier"
Lorsque vous arriverez dans l'arboretum de Chabanais, vous avez l'impression que dans cet endroit, la nature est différente, plus sauvage, plus touffue, tout simplement plus libre. Ce jardin n'est pas un jardin traditionnel où l'homme dompte la nature au point qu'il en détruit certaines plantes sans véritables raisons, sinon celle de faire propre et de dompter.
Ce jardin est une ode à la nature et à la liberté, où l'homme n'est pas le dompteur
mais tout simplement le voisin de la nature. Une seule philosophie y a sa place, que
chacun y trouve son plaisir et qu'ils y vivent en harmonie [nature et homme). Ce jardin est
vivant, la nature y évolue comme elle le souhaite, un vrai "jardin buissonnier"...
Dans cette expression qui séduit son créateur le mariage du jardin d'une part, le lieu
où l'on trouve plusieurs espèces de plantes
et d'arbres parfois rares, mais aussi courantes, voire sauvages qui vivent autour
de nous, d'autre part le mot buissonnier qui
laisse la place aux buissons, mais aussi et surtout à la liberté sauvage, un peu
dérobée, une véritable escapade, telle l'école buissonnière...
Dans ce jardin il a souhaité rendre un hommage à François Terrasson, l'auteur d'un livre intitulé "la peur de la nature". Cet hommage est dû à sa prise de conscience que cela fait 30 ans qu'ils font chacun de leur côté la même chose ou presque... Dans ce jardin, une seule démarche : la nature est la plus forte... ou plutôt, elle se développe librement. "C'est un jeu plaisant que de se laisser manger par son jardin" reconnaît Jean-Louis "je n'arrache une plante que lorsque je la connais, je ne porte pas de jugement de valeur, cette plante est nuisible, celle-là ne l'est pas...".
Au début, en 1975, il n'y avait rien, ou presque, une prairie et quelques arbres en bordure de rivière puis il a fallu planter à tour de bras, ce que le créateur trouvait ici ou là, le but initial étant de faire de l'ombre pour leur maison en bois. Ce type de construction est courant dans le nord finlandais, en Suède ou au Canada. Pour cet ancien commercial, designer, fils d'un menuisier charpentier et lui-même grand amateur de bois, son rêve se réalisait : vivre dans une maison en bois, mais il fallait y ajouter le décor qui allait avec... Pour ce
concepteur, il n'y a eu que des moments de récréations, pas de création... Pour lui
tout est modifiable, car il a peur du définitif... Il estime que le mouvement est
important voir indispensable, c'est l'évolution. Sa philosophie est simple, il faut qu'il
plante, vérifie, étudie, qu'il joue avec la nature, ses arbres et lui-même...
Au début il se contente de planter des arbres de la région, il vérifie et suit leur évolution, note tout et va jusqu'à étudier le sol, la condition nécessaire à leur évolution. Puis le déclic arrive chez lui sous la forme d'un livre que lui offre son beau-frère, il parle de tous les arbres de la forêt. Aujourd'hui, l'aboretum compte plus de 2500 arbres, arbustes et vivaces ; inutile de vous dire qu'ici tout est naturel, sans modification artificielle du sol... seul l'élagage dit d'accompagnement est pratiqué. L'arboretum s'étend sur 3 hectares, le relief du terrain n'a pratiquement pas été modifié, mis à part la création de trois mares, qui redeviendront marécage naturellement. Vous y trouverez les arbres qu'il aime le plus : les pins qui représentent pour lui l'Arbre, plus particulièrement le pin sylvestre du Nord, qu'il a travaillé. Puis érables et bouleaux sont venus compléter le lieu. Arbrisseaux petits arbres, arbres à troncs multiple sous-arbrisseaux, conifères et chêne arbustifs, Sophora vivace... un jour tout se mélange.
Il reste un "trou", alors il faut trouver une nouvelle espèce qui puisse se développer ici. Il faut chercher dans dernier bouquin... la plantation de fougère et autres essais de plantation n'ont pas été très concluants. Aujourd'hui vous y trouverez la Lysimaque, la Saponaire, Millepertuis, le Houblon, l'Oenothère... La Violette a elle aussi repris du terrain, tout doucement, en compagnie des Coucou, Bugle, Gouet, Lamier, Euphorbe... Certaine espèces quantifiées sont celles qui font l'objet systématique d'une collection. Les variétés sont dues à un attrait particulier pour un Genre ou plus particulièrement une Famille. Cette passion ne s'arrête pas là Jean-Louis la partage sur le forum "fr. rec. jardinage", il y distille ces conseils avisés.
Ce lieu a depuis 1997 proposé d'autres approches de la forêt, il propose des activités et des thèmes différents qui s'adressent à un public très large, qui pour le milieu scolaire peuvent aller des écoles maternelles, au secondaire, en passant par les centres de loisirs et l'éducation spécialisée. Parmi les pistes de réflexion vous trouverez : botanique, environnement, milieu vivant, éveil et développement sensoriel, journée pédagogique et même l'homme et son environnement.
L'Arboretum est ouvert à tout essai d'acclimatation
des plantes qui n'ont pas encore été étudiées. Conçu comme une collection botanique, présentée sous une
forme paysagée, l'arboretum se veut aussi un terrain de culture. La présentation des espèces indigènes est assurée
participant ainsi à la protection du patrimoine végétal local. Depuis quelques années l'arboretum est en mesure de proposer
des plants aux pépiniéristes, aux autres jardins botaniques ou arboreta. Petits clins d'oeil à l'histoire, le nom de
"Chêne-Vert" ne vient pas des arbres du parc mais du nom donné à la maison familiale
au moment de la construction en 1912.
Chabanais vient du mot "cabane" maison en bois, ce qu'a fait Jean-Louis
avec sa famille dans le parc du "Chêne Vert" de Chabanais... Un lieu ou liberté, nature et
plaisir cohabitent sans limite...