De géologie à pédologie

- l'ancien potager au nord-est
- la bande de joncs entre 2 et 3
- entre 3 et 4, la trace des rigoles
- 5, le rocher proche éclaircit l'herbe
- 8, les peupliers sur la berge de la rivière
Les sols de l'arboretum appartiennent à trois groupes :
| - la courbe violette
représente l'altitude 175 m, la rivière
- les trois "sommets", la Quintinie (216 m, à l'ouest), Lascoux (218 m, à l'est) et les Fourches (217 m, au sud) balisent le cours de la Vienne (151 m) - les sommets de la Quintinie et Lascoux forment à leur rencontre le lit du ruisseau de l'Etang Bouchaud (160 m) qui rejoint celui de la Vienne en amont de l'Arboretum - la carrière de granit de Mayeras indique clairement la présence proche de la roche primaire ; on rencontre les mêmes affleurements aux 175 m de Lascoux et des Fourche Il semble naturel que les déblais du Massif Central se soient accumulés entre le lit de la rivière et les sommets de la Quintinie et Lascoux, indépendamment des anciens lits de la rivière ; il est aussi facile d'imaginer que ces déblais ont raviné en "contournant" le massif de la Quintinie |
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1. creux léger,
argile jaune à l'Est, l'ancien potager, à l'Ouest, le nouveau marécage 2. butte légère, argilo-sableux, petits galets de quartz 3. pente, argile grise joncs dominants en décomposition donnant une terre "tourbeuse" sur une cinquantaine de centimètres de profondeur 4. pente légère, argilo-sableux à fort mélange de cailloux ; mélange le plus hétérogène 5. pente légère, arène granitique affleurante - melons affleurants ; pente légère d'Est en Ouest 6. palier pente légère d'Est en Ouest, de sain à argile jaune puis grise d'Est vers Ouest 7. pente, sain absence d'argile 8. creux, d'argile jaune à bleue, d'Est en Ouest, recouvert de limon à l'extrême Ouest ancienne cuvette due essentiellement aux anciennes erreurs agricoles de ne laisser qu'un rang d'arbres en bord de rivière 9. palier limon sable fin argileux sur minimum 2 m de profondeur 10 . lit de la Vienne encombré de rocher de granit, sous la surface à cause de l'écluse du village, quelques uns émergeant en aval |
L'arboretum du Chêne Vert, à Chabanais, se situe en bordure du massif granitique de Chirac, au contact de gneiss à biotite. La plus grande partie de l'Arboretum occupe un bas de pente d'orientation sud-est au-dessus de la Vienne. Le substratum géologique n'affleure que très localement (fond de vallée, bordure de plateau, souvent sous forme de boules). Comme au Nord-Ouest du Limousin (région de Bellac vers Montmorillon) le substratum est très largement couvert de dépôts de sables et limons argileux issus de l'érosion tertiaire du socle du Massif Central voisin. Ces dépôts constituent la roche-mère des sols. Le reste de l'Arboretum recouvre la plaine alluviale du lit majeur de la Vienne.
Dans la partie médiane de la pente, à la faveur d'affleurements réduits de nature granitique (5), la pelouse se développe sur un sol peu épais, réduit à une seule couche (ou horizon) humifère reposant directement sur la roche. Ce type de sol sur roche acide constitue ce que l'on appelle en pédologie un ranker (dans les mêmes conditions sur roche calcaire on parlerait de rendzine).
La majeure partie des sols de la pente s'est développée sur les épandages sablo-limono-argileux. Les sols sont plus complexes. En raison de leur faible perméabilité la présence de l'eau pendant une grande partie de l'année se traduit par une alternance irrégulière de travées rouilles et grises (les glosses) (1-2). Sous un horizon humifère brun-noirâtre on rencontre parfois une couche essentiellement brune (sol brunifié) et le plus souvent une couche bigarrée de nature glossique pouvant atteindre 80 cm à plus d'un mètre. Dans la zone inférieure de cette couche on note très fréquemment l'individualisation de nodules ferro-manganiques (4). A la base, lorsque la coupe est suffisamment profonde, on trouve la roche-mère (2-5) très altérée lors des périodes géologiques chaudes du tertiaire et fortement colorée en rouille par le fer contenu dans la roche. Ces sols correspondent à ce que l'on appelle des sols bruns plus ou moins lessivés et glossiques avec individualisation du fer, rappelant la formation de couches d'alios.
La plaine alluviale bordant la Vienne, où la roche-mère des sols est meuble et de nature sableuse, est constituée par des sols alluviaux épais (9), évoluant avec l'éloignement de la rivière (8) vers des sols bruns alluviaux à trois horizons épais (50 cm et plus) peu marqués et peu colorés : humifère gris, intermédiaire brun clair et de roche-mère grisâtre.
Comme on peut le constater, la plus grande partie des sols de l'Arboretum est largement indépendant de la nature géologique des roches granitiques en place.
J. P. Verger, ancien Maître de Conférences à la Faculté des Sciences de Limoges Oct. 2006
Observations complémentaires
les 11 sondages ont été effectués en septembre 2006 ; de 1m à 2m de profondeur pour environ 1m de largeur
peu de surprises quand à la qualité du sol et sous-sol supposés ; des mots sont posés
la nappe phréatique se situe à environ 8m de profondeur (5 sondages de puits de 1 à 6)
la "terre" ne dépasse jamais, hors limon 9, une épaisseur de 15cm
lors de l'ouverture, tous les sondages étaient totalement "secs"
le lendemain, l'eau était présente en 5 (buttant sur la roche, l'eau de plus haut remontait pas les failles de la roche)
ils se remplissent progressivement l'hiver 2006 - 2007
puis s'assèchent complètement la semaine du 15 août 2007 à l'exception du 2s pour se regarnir ensuite
les sondages 8o et 9 ont les niveaux d'eau les plus régulièrement bas : 8 par la densité des frênes, 9 par la proximité de la rivière et l'éloignement de la couche d'argile
Commentaires
- du terrassier, aussi agriculteur local : "c'est le sol le plus pourri de la région"
- du pédologue : ". . . oui . . . pour autre chose que des arbres . . ."
- personnel : "ça va"