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l'élagage
Le
pré est la condition de culture la plus difficile : L'idée de départ du jardin, c'était ces forêts, finlandaises ou canadiennes, avec la cabane au milieu ; un grand sous-bois. Le goût des arbustes n'est dû qu'à l'impatience de l'époque de voir un jour des masses de verts buissonnants, des feuilles mortes recouvrir le sol en hiver, des branches tombées craquer sous les pieds et des odeurs de champignon du bois pourri. Dans ce paysage imaginé, la fleur ne m'a jamais traversé l'esprit, sans doute du fait de la descendance de marchands de pensées et géraniums en plus de quelques traces judéo-chrétienne de fleurissement événementiel, mariage ou enterrement. Un
arbre, c'est un tronc, qui ne prend pas de place au sol, avec une
écorce à
regarder, à toucher, et aussi plus tard à faire des meubles, ou du feu
;
dessous, j'y vais rarement et dessus, il y a plein de monde et le
savoir me
suffit pour ne pas avoir besoin de le déranger. Les plus grands et plus vieux arbres proviennent de glanage dans les bois alentour, et ce n'est qu'à partir de 1985 que la vocation d'arboretum comme jardin de collection s'est progressivement imposée. Au début . . . on pense à planter, à faire des feuilles, des branches, de l'ombre ; supprimer une branche, c'est supprimer le résultat recherché (sauf pour ceux qui sèment dans le seul but réel de faire souffrir leur progéniture ; c'est d'ailleurs dommage que certains leur attribuent aussi le titre de jardinier. On a vu déjà et on en reparlera encore, l'homme se justifie souvent par sa capacité à détruire ; ce qui me gène particulièrement ici, c'est surtout que faire mal semble lui faire encore plus de bien à lui, l'homme qu'il se dit). Les
premières* leçons d'élagage m'ont pourtant été données par les moutons, l'objet
d'alors étant de mettre les branches basses hors de leur portée
; donc,
couper les branches basses pour entourer le tronc d'un grillage. L'élagage,
tout comme les autres tailles ici, n'est donc effectué que comme
accompagnement
du développement naturel de l'arbre, avec juste l'anticipation
nécessité par
les difficultés de culture du départ, et la grande diversité des
espèces par
rapport à la surface donnée. Le paysagisme, l'imposition à l'arbre d'une image de l'arbre n'a pas cours ici. Seul l'arbre, dans son milieu naturel qui est au moins le bois est pris en considération. Cette considération ne peut cependant pas s'envisager "une fois pour toutes" ; "accompagnement" est important ; et la décision envisagée aujourd'hui peut-être remise en cause par demain, le vent, le froid, le soleil, la pluie ou le voisin . . . je veux dire l'arbre voisin. J'espère que les arbres me survivront et je m'en voudrais alors de leur avoir imposé quoi que ce soit voulu définitif. A
oui, j'ai failli oublier : (Les oiseaux, les champignons, les insectes . . . sont aussi des organismes vivants, donc s'il existes des méthodes d'élagage, il n'y a aucune obligation, les décès d'êtres humains suite aux chutes de branches au cours d'une promenade en forêt étant assez rares) Pour
ceux qui pensent que de la science découle le reste, il suffit d'appliquer la
règle de l'art naturel des tiers** : C'est le moins pire de l'interventionnisme à adopter ; de toute façon, ensuite, la nature se chargera d'elle même à remettre le désordre existentiel nécessaire à sa cohérence. ** loi, aussi esthétique, fondamentale que le français essaie toujours aussi vainement de combattre, même si dans le cas présent il est aussi simple d'élaguer 10% par an tous les ans |